NAISSANCE DE LA COMPAGNIE DES SAPEURS POMPIERS DE CONCARNEAU
Tout au long de son histoire, Concarneau a vécu dans l'angoisse d'un possible incendie.
Le manque d'eau en ville (il n'y a pas une seule fontaine jusqu'au milieu du XIX ème siècle ! ) , le nombre important de maisons à structures de bois et surtout à toit de chaume, même en Ville-Close, dans le quartier Pénéroff ou celui de la rue Neuve, justifiait pleinement cette crainte.
Les malheureux qui habitaient près des fours de la Ville-Close ou de la Croix ou ceux, voisins de la forge du père Malvaux passaient des nuits blanches lorsque s'échappaient de ces cheminées redoutées des gerbes d'étincelles.
Ils en seront d'ailleurs victimes à plusieurs reprises.
Dès le XVIII ème siècle, le règlement local de police obligeait le particulier à ramoner au moins quatre fois l'an et interdisait d'entreposer du bois le long des maisons.
Précautions bien dérisoires, et en 1795, on déplorait surtout "ne trouver dans cette ville de guerre ni pompe à feu ni seau pour les incendies".
Pour comble, les remparts abritaient en effet un arsenal et un magasin à poudre renfermant les munitions pour tous les forts d'alentour, et c'est en vain que les rapports insistaient sur la nécessité d'un matériel minimum.
En cas de sinistre, les habitants avaient ordre de se munir " d'un vase quelconque pour transporter de l'eau " et de faire la chaîne.
Le problème, à moins de puiser de l'eau de mer était de trouver un puits !
Des progrès lents à venir.
Les incendies étaient nombreux au XIX ème siecle et après l'un d'eux, particulièrement important, on décida enfin en 1869 de créer une compagnie de sapeurs-pompiers bénévoles de 45 hommes exercés et disciplinés, commandés par l'entrepreneur Martineau.
L'évènement décisif :
En plein mois de juillet 1929, un énorme sinistre éclate en Ville Close au 31 de la Rue Vauban, dans le grenier à filets des soeurs Gadon.
Le tambour bat le général aux carrefours, faute de sirènes, le tocsin sonne à l'église.
Aussi vite que possible, les pompiers traînent la moto-pompe à bras depuis l'entrepôt de la Rue de Ecoles.
Ils font évacuer le bâtiment en feu et les maisons voisines.
Mais, sans vestes de cuir ni bottes, ils ont bien du mal à approcher le foyer.
Le feu menaçant de s'étendre, on fait appel à la compagnie de Quimper située à 25 km de Concarneau.
Celle ci vient d'acquérir une camionnette autopompe Renault qui aura vite fait d'arriver à la rescousse.
Deux heures plus tard, les renforts sont sur place et le sinistre est enfin circonscrit.
La leçon a porté :
Au mois d'août suivant, on acheta une nouvelle motopompe à grand débit.
Au bas de la rue de l'Alma, près de l'octroi (à l'emplacement de l'actuel commissariat de police ), un nouvel entrepôt plus fonctionnel est construit.
On y installe même une sirène et le téléphone.
Ce n'est qu'en 1936 que les Pompiers de Concarneau disposeront d'une grosse limousine, remplacée après la guerre par un véritable camion pompe Laffly.
Le progrès entrait cette fois dans la caserne concarnoise...
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